2° ARTICLE FINAL

QUI SUIS-JE ?

Bonjour à tous les lecteurs, bienvenu sur mon blog !

Je m’appelle Margot François, j’ai 20 ans et je suis en deuxième année «éducateur spécialisé en accompagnement psycho-éducatif » à la HE2B Defré. C’est dans le cadre des cours d’Éducation aux médias et des Techniques de l’information et de la communication que je produis ce blog afin de vous expliquer l’importance des médias dans mon futur métier et notamment au sein de mon dernier stage effectué à la Maison de la Mère et de l’Enfant à Uccle. De plus, je vous ferai part de mes analyses quant aux différentes situations vécues en stage.

CADRE CONCEPTUEL

Qu’est ce que l’éducation spécialisée ?

«-Mais? Éducateur c’est avec les enfants c’est ça ?

-Pas avec les personnes handicapés ??? »

Alors en fait, le métier d’éducateur spécialisé est plutôt « nouveau ». Avant la seconde guerre mondiale, on ne parlait pas d’éducateur, c’était des religieux, des instituteurs, des bénévoles qui accompagnaient les personnes qui en avaient besoin (orphelins, personnes en situation de handicap, psychotiques, etc). Il faudra attendre les années 40 et surtout 50 pour pouvoir être formé, en effet il y a eu beaucoup de dérives dans certaines institutions qui ont fait scandales (abus, violences et maltraitances). C’est dans les années 60 que d’importantes mesures sont prisent en faveur des personnes en situation de handicap. La prise en charge sociale, médicale et psychologique est de plus en plus grande et efficace. Dans les années 70, les centres d’accueil se multiplient pour les personnes en situation de handicap, mais les éducateurs manquent de reconnaissance. Après des révoltes, les premiers projets de loi sur leur statut sont déposés. Au fur et à mesure, leurs lieux d’interventions s’élargissent (centre pour toxicomanes, école des devoirs, centre pour réfugiés et SDF …)

Au nom de la loi (loi du 29 avril 1994, publiée au Moniteur Belge le 20 avril 1996), l’éducateur-accompagnateur spécialisé est la personne qui « favorise par la mise en œuvre de méthodes et de techniques spécifiques, le développement personnel, la maturation sociale et l’autonomie des personnes qu’il accompagne ou qu’il éduque. Il exerce sa profession soit au sein d’un établissement ou d’un service, soit dans le cadre de vie habituel des personnes concernées ». L’éducateur est donc un travailleur social où son activité professionnelle relève d’une forme de mandat que la société lui confie.

Sources: Les Carnets de l’éducateur 2015

Qu’est ce que l’éducation aux médias ?

L’éducation aux médias permet d’exercer sa citoyenneté dans une société où l’information et la communication sont omniprésents, c’est se former à adopter une position active, éclairée afin d’être responsable et réfléchi face à l’information véhiculées par les différents types de médias. Il faut donc permettre à chacun de comprendre les messages issus des différents types de médias auxquels nous sommes confrontés, en utilisant les médias comme objet d’étude, pour qu’on puisse ensuite s’en servir de manière plus pertinente en développant un avis critique et réfléchi. Jacques Piette (professeur à l’Université de Sherbrooke, a publié « L’éducation aux médias » le 13 juin 2001) y définit l’éducation aux médias comme un moyen de « travailler sur les productions médiatiques elles-mêmes, sur leurs origines, la manière dont elles sont construites, diffusées et consommées » On s’interroge sur l’influence que cela à sur nous, sur nos valeurs, nos représentations, sur les points de vues que les médias font circuler.

Jacques Piette a définit sept champs d’investigations principaux, c’est à dire que se sont les plus grands axes à développer auprès des bénéficiaires de l’éducation aux médias pour favoriser le développement de leurs habiletés et le transfert de leurs observations et découvertes à d’autres médias, ce qui contribue à leur autonomie critique :

→ Les producteurs : Il faut donc se poser la question suivante « qui produit les messages et pourquoi ? ». Il faut réaliser que derrière les messages médiatiques, il existe un groupe de spécialistes qui ont des intentions et des objectifs bien précis, qui obéissent à des conventions, des usages et des codes particuliers.

 Les langages : Il faut donc se poser la question suivante « quels langages utilise-t-on et pourquoi ? ». L’utilisation des images, des sons, des couleurs, des mouvements, des cadrages, etc influence le sens des messages et la façon dont on les reçoit.

→ Les représentations : Il faut donc se poser la question suivante « quelles représentations de la réalité sont proposées et pourquoi? ». Les médias ne sont pas construits de manière neutre. Ils véhiculent des conceptions et des interprétations de la réalité. Certains médias nous sont tellement familiers que l’on a tendance à ne pas prendre conscience qu’ils construisent notre propre perception de la réalité.

 Les types de messages : Il faut donc se poser la question suivante « quels types de messages sont proposés et pourquoi? ». Les médias sont produits en différentes catégories ( dessins animés, films d’horreur, documentaires, panneaux publicitaires…) «Connaître la manière dont les médias produisent leurs messages selon certaines catégories contribue à améliorer la compréhension de l’univers des médias et leurs impacts sur le public ».

→ Les publics : Il faut donc se poser la question suivante « à qui s’adresse le message, pourquoi et comment est-il reçu? ». Chaque média vise un public précis. Et chaque personne reçoit le message en fonction de ses caractéristiques individuelles mais aussi en fonction de son appartenance à un groupe, à une classe sociale. Cela implique une certaine dimension commerciale qui vise à toucher un maximum de personnes pour assurer une certaine rentabilité.

→ Les technologies : Il faut donc se poser la question suivante « Quels éléments techniques sont utilisés et pourquoi? ». Pour mieux comprendre les médias, il est important de connaître et comprendre les techniques utilisées pour la création de médias. Cela nous permet de réaliser le potentiel et les limites de création, et donc de mieux comprendre leurs impacts.

L’esthétique : Il faut donc se poser la question suivante « Comment se présentent les productions du point de vue esthétique ? » Cet axe incite à prendre conscience qu’aucun média n’est fait par hasard d’un point de vue esthétique c’est à dire que, pour un même contenu, notre perception du message médiatique diffusé ne sera pas la même selon la présentation physique/esthétique du message. Par exemple, pour attirer un plus large public, une présentation très conformiste sera préférée à une extravagance qui pourrait ne pas plaire à un grand nombre de personnes.

Lien entre l’éducation spécialisée et l’éducation aux médias

Les deux approches sont fortement similaires. Vous avez pu voir dans les deux points ci dessus que l’objectif est d’accompagner la personne afin qu’elle trouve son propre chemin dans la vie en société, qu’elle acquière plus d’autonomie et d’épanouissement dans son quotidien . Je pense donc que l’éducation aux médias est une partie du métier de l’éducateur spécialisée. En effet, sur chaque terrain d’intervention de l’éducateur, les bénéficiaires seront en contact avec des médias car ils sont actuellement omniprésents dans notre société. Il devra donc être attentif aux signaux des bénéficiaires et, selon ses observations, il aura l’occasion d’intervenir sur différents champs afin de développer l’esprit critique de chacun.

CONTEXTE

J’ai effectué un stage durant huit semaines à La Maison de la Mère et de l’Enfant, situé à Uccle et fondé en 1950 par l’Armée du Salut ASBL. La maison est subsidiée et agréée par la commission communautaire française (COCOF). Elle accueille les femmes enceintes ou accompagnées d’enfants de toutes conditions. Quatorze chambres individuelles sont à disposition.

L’objectif principal est d’aider les mamans à retrouver leur autonomie :

-En les aidant dans leurs recherches de formations, d’emplois.

-En les aidant dans leurs démarches administratives

-En les aidant dans leurs recherches de logements

-En les soutenant dans l’éducation de leurs enfants si nécessaire

Public

Les mineures enceintes : Placées par le Tribunal de la jeunesse ou le Service de l’aide à la jeunesse. Elles proviennent de familles désunies ou en difficulté et, parfois, sont placées en institution depuis leur plus jeune âge. Des autres, issues de familles maghrébines et musulmanes, ont été expulsées de leur foyer familial à l’annonce de leur grossesse.

Les femmes majeures : Certaines, de familles dite «ordinaire», éprouvent des difficultés conjugales. D’autres, avec leur passé institutionnel, n’ont pas réussi à construire une relation stable. Ces femmes sont souvent agressées moralement et / ou physiquement.

Les mères célibataires : Vivant avec un ami mais subissant le même sort que les précédentes.

Les femmes expulsées :De leur domicile par des propriétaires abusifs ou à cause de difficultés financières (loyers en retard).

Des femmes sans-papier belge :Dans l’attente d’acquérir la nationalité belge ou un permis de séjour à longue durée, il est difficile de trouver un propriétaire qui veuille bien louer son bien. La Maison de la Mère et de l’Enfant est donc une alternative en attendant d’être régularisé.

Toutes sont dans l’espoir de trouver ou de retrouver leur autonomie. Elles peuvent résider dans cette Maison durant 9 mois, ce délai peut être prolongé selon les circonstances.

La plupart des enfants sont très jeunes (entre 0 et 2 ans). Certains ont entre 3 et 6 ans. La Maison accepte seulement les enfants de moins de 6 ans pour favoriser l’entente en collectivité et limiter les décalages. Durant leurs premiers mois, voire leurs premières années, les enfants restent avec leur maman, d’autres vont à la crèche. A partir de 2 ou 3 ans, ces derniers sont scolarisés.

En se basant sur la pyramide de Maslow ainsi que mes recherches, mon expérience et mes observations dans cette maison d’accueil, je peux définir un certain nombre de besoins (spécifiques et généraux) qu’ont les bénéficiaires :

Pour les mamans ou futures mamans :

Besoins physiologiques  → Comme chaque humain, elles ont besoins de boire, manger et dormir. La MME leur offre tout cela, elle ont leur propre chambre avec leurs enfants. Des repas équilibrés sont fourni matin, midi et soir afin d’assurer une vie saine à chacun.

Besoin de sécurité → Ayant un vécu assez difficile, notamment lorsque leurs conjoints ont été violents, il est difficile de se sentir en sécurité et de refaire confiance aux hommes et à tous les adultes en général. La plupart des mamans ont du mal à retrouver leur autonomie totale par peur de se retrouver dans la détresse.

Besoin d’appartenance, besoin d’estime, besoin de s’accomplir → Les mamans ont énormément besoin de se sentir écouter et attendent de nombreux conseils. Beaucoup d’entre elles sont en train de faire des formations afin d’avoir un statut, elles ont besoin de reconnaissance au sein de la MME mais aussi au sein de la société. Elles sont généralement célibataire, ce qui fragilise le sentiment d’être aimé.

Pour les enfants :

Besoins physiologiques  → Comme chaque tout-petit, ces enfants ont besoin que leur maman veille à les nourrir, les laver, les soigner, les aider à se reposer. Les éducateurs veillent notamment à ce que les mamans le fasse, ils interviennent si cela leur semblent nécessaire ou si les mamans sont demandeuses.

Besoin de sécurité → Ayant subi la situation difficile de leurs parents, ce sont des enfants très fragilisés. Ils sont très anxieux et demandent donc énormément d’attention. Ils subi beaucoup de changements et doivent s’adapter à leur nouveau rythme de vie, le sentiment de sécurité est donc primordial chez eux.

Besoin d’appartenance, besoin d’estime, besoin de s’accomplir → Les enfants reçoivent beaucoup d’amour de leur mère mais ont généralement peu de contact avec leur père, cela semble être une problématique pour leur sentiment d’être aimé et d’être valorisé. Cela provoque parfois une baisse de leur estime personnelle. Les éducateurs veillent donc à toujours les valoriser et à leur donner des responsabilités pour qu’ils se sentent utiles et à les aider à trouver leur place au sein de la MME.

Terrain d’interventions

Mon terrain d’action se situait uniquement dans le lieu de vie des bénéficiaires, plus particulièrement les lieux communs :

-Le salon, où se retrouvent généralement les mamans le soir lorsque les enfants dorment. Durant les temps libres et les journées pluvieuses, mamans et enfants s’y retrouvent. Il y a de grands canapés, des tables et des chaises pour adultes mais aussi de taille plus petite, adaptée pour les enfants. Une télévision est aussi mise à disposition, seulement à certains moments (soir et mercredi après-midi, week-end). Durant mon stage, j’appréciais ces moments privilégiés dans le salon, les mamans sont plus détendues et se prêtent plus à parler d’elle, à rire mais aussi à pleurer et parler de leur inquiétudes.

-La cuisine est aussi un lieu commun très apprécié par les mamans et l’équipe éducative. Les repas du soir sont cuisinés par les éducateurs et une maman désignée. Ce lieu est interdit aux enfants. Certaines mamans cuisinent un plat spécial pour leur bébé. La cuisine est donc très fréquentée aux heures qui précèdent le repas. C’est un endroit convivial, qui, là aussi, s’adonne aux échanges de qualité avec les mamans entre elles mais aussi avec les mamans et les éducateurs. C’est en cuisinant avec les bénéficiaires que j’ai le plus appris sur eux et que j’ai pu réellement sentir mon rôle d’éducatrice.

-La salle à manger, lieu important où tous les bénéficiaires et tout le personnel se rejoignent pour déjeuner, goûter, dîner et souper.

-Le bureau des éducateurs est un espace où toutes les mamans peuvent venir à tout moment parler. Elles doivent notamment y déposer leurs clés quand elles sortent ce qui permet de contrôler leurs allés et venues et de se renseigner sur l’avancement de leurs démarches afin de mieux les conseiller et les accompagner.

Les bénéficiaires en contact permanent avec les médias

Au sein de la Maison :

La télévision: la Maison de la Mère et de l’Enfant limite la consommation de la TV en soumettant des horaires strictes. Il est donc interdit de regarder la TV durant la journée pour la simple raison que la journée est prévue pour que les mamans avancent dans leurs démarches afin d’aller vers une situation plus stable.

Le panneau d’affichage: destiné aux mamans et situé dans le couloir pour se rendre à la cuisine, des infos pratiques y circulent sur la maison (activités prévues, horaires de l’équipe éducatives…) mais aussi sur ce qui se passe à l’extérieur (activités organisées par d’autres asbl, affiches publicitaires pour certaines activités culturelles…) ou encore des affiches préventives (sur les jeunes et la consommation d’écran…)

Livres : La Maison reçoit beaucoup de dons, notamment de livres et magazines pour adultes et pour enfants. Ceux-ci sont directement mis dans la boîte à dons, les mamans peuvent librement les prendre. Elles en sont généralement friandes.

Internet :Dans la salle de visite, un ordinateur est mis à disposition pour les mamans, elles doivent demander au bureau des éducateurs une clé USB pour avoir accès à internet. Elles utilisent internet principalement pour des recherches d’appartements. Les enfants n’y ont pas accès. Il n’y a pas de wifi dans l’institution.

Téléphone portable : Les bénéficiaires peuvent librement se servir de leur propre GSM sauf dans le cadre des repas. Elles s’en servent pour des choses plus personnelles que sur l’ordinateur de la Maison, notamment pour contacter leur famille et amis (skype, appels, sms) ainsi que surfer sur les réseaux sociaux comme Facebook pour s’informer de ce qui se passe dans le monde. Les enfants les plus grands aime bien jouer à des jeux sur le GSM de leur maman.

A l’extérieur de la Maison

Accès à la culture: Les tickets Articles 27 sont destinés aux bénéficiaires du CPAS, maisons d’accueil, centres de santé mentale et d’alphabétisation. Valables à Bruxelles et en Wallonie, ils permettent de payer seulement 1,25€ l’accès aux manifestations culturelles proposées par les partenaires culturels tout au long de l’année (musées, théâtres, expositions, activités sportives, concerts, festivals, ateliers, stages…). Les bénéficiaires de la Maison de la Mère et de l’Enfant en profite et l’équipe éducative incite à s’y rendre.

Suite à un questionnaire que j’ai pu créer et distribuer aux bénéficiaires de la Maison de la Mère et de l’Enfant, j’ai pu remarquer que leur consommation de médias est différente au sein de la Maison qu’en dehors. En effet, certaines mamans affirment que la Maison est trop stricte face à internet, elles aimeraient avoir le wi-fi. Elles expliquent aussi qu’elles consomment les médias pour s’instruire, pour s’informer de ce qui se passe en Belgique et dans le monde, pour communiquer avec leurs proches et surtout pour avancer dans leurs démarches. Certaines ont eu quelques soucis avec internet, l’ASBL HOBO leur propose des cours d’informatique et offre l’opportunité de se faire aider dans leurs démarches (mise en page, CV, lettre de motivation). Enfin, certaines mamans ne permettent pas aux enfants d’utiliser les téléphones portables, tablettes et ordinateurs. D’autres laisse l’opportunité de les utiliser, mais quelques problèmes sont apparus, surtout chez l’un des jeune de la Maison. Les enfants ont accès à de nombreux livres jeunesse.

PROBLÉMATIQUE

Situations particulières recensées durant mon stage dites « négatives »

1ère situation :

Romain (nom d’emprunt) est un petit garçon de six ans qui réside à la Maison de la Mère et de l’Enfant depuis un an avec sa mère et son petit frère de 3 ans. C’est un enfant dit « caractériel » qui a du mal a respecter l’autorité de sa mère, de l’équipe éducative et de son école spécialisée. A la Maison, il demande sans cesse à sa maman pour jouer sur son smartphone. Il joue surtout à un jeu qui se nomme Candy Crush. Il a du mal à s’occuper autrement, par exemple, lors d’une activité artistique que je lui avait proposé, il a réclamé à plusieurs reprises vouloir jouer à ce jeu. D’après l’application, le but est d’écraser des bonbons colorés en associant des combinaisons d’au moins trois bonbons, afin de remplir l’objectif du niveau et de marquer un maximum de points. Le temps est limité, il y a que 5 essais, appelés « vies ». Passés ces essais, il faudra attendre trente minutes afin de pouvoir recommencer ce même niveau, jusqu’à passer le suivant. Ce jeu est connu pour son coté addictif. En effet, Thomas Gaon, psychologue spécialiste en addictologie et membre de l’Observatoire des mondes numériques en sciences humaines explique que tout le jeu est construit pour avoir envie de continuer à grimper les niveaux: « L’algorithme présent derrière chaque plateau est paramétré pour ne pas décourager le joueur […] le cycle de récompense est lui aussi bien ajusté. Le temps entre les efforts faits et l’accès au niveau supérieur ou le gain de coups supplémentaires est habilement rythmé pour ne pas lasser ». Candy crush peut favoriser la logique mais n’a pas de rôle éducatif en soi.

Voici une démonstration du jeu (version ordinateur)

https://www.youtube.com/watch?v=J65OfmlN6es

Romain ne semble pas avoir conscience de toute la production médiatique qu’il y a derrière ce simple jeu. Comme cité plus haut, l’intention des producteurs est bien d’inciter les joueurs à continuer. A 6 ans, c’est difficile de comprendre cela mais je fais l’hypothèse que grâce à l’EAM il pourrait en prendre conscience et lui permettre de prendre des distances avec ce jeu. L’éducateur pourrait proposer à sa maman de lui télécharger des autres jeux qui favoriseraient son éveil créatif avec un message médiatique plus intéressant, où les producteurs ont des intentions éducatives destiné aux enfants uniquement. Ou encore lui télécharger l’application « Pour les petits doigts appliqués : l’écran ça s’apprend », c’est par des petits jeux simples et ludiques que cette application éduque les enfants aux médias en favorisant le dialogue autour de l’utilisation de la tablette et des écrans entre parents/enfants. Romain pourra renforcer son esprit critique face aux écrans en général mais aussi aux messages médiatiques qu’ils renvoient et peut-être prendre du recul avec Candy Crush.

Sources :http://www.allodocteurs.fr/actualite-sante-pourquoi-le-jeu-candy-crush-rend-il-accro-nbsp-_11364.html

http://www.souris-grise.fr/pour-les-petits-doigts-appliques-lecran-ca-sapprend/

2° situation

Quand leur situation s’est stabilisée, les mamans se mettent à la recherche d’un appartement, généralement par internet, sur Immoweb ou d’autres sites immobilier. Certaines mamans se sont fait avoir par de fausses annonces immobilières, généralement idylliques (pas cher, magnifique appartement…) où le soit disant propriétaire leur demande un dépôt de garantie envoyé via mandat cash afin d’organiser une visite. Une fois l’argent versé, le propriétaire ne donne plus de nouvelle et l’annonce est supprimée. Durant mon stage, une maman nous en a parlé avant de faire le virement car c’était en effet « trop beau pour être vrai ». Les mamans de la Maison sont alors très déçues et désespèrent face aux multiples refus qu’elles ont des propriétaires et face à ces fausses annonces qui leur avaient donner espoir. Ces annonces renvoient un message médiatique qui fait rêver mais qui est faux. Je fais donc l’hypothèse que l’EAM est nécessaire sur quelques points: il est important que les mamans cherchant des appartements sur le net se demandent qui produit ces annonces et pourquoi. En effet, ces annonces sont le résultat d’un processus de fabrication qui ont des intentions et objectifs différents. En général, l’objectif d’un site immobilier est de vendre ou louer un bien mais nous voyons que certaines annonces sont mal intentionnées. Selon la fabrication de ces annonces, ils influent plus ou moins notre choix. Ceci fait aussi rapport à la question du langage utilisé, c’est à dire que dans cette situation il faut prendre conscience que le type de photo, le cadrage, la luminosité influence fortement l’avis du consommateur. Le propriétaire du bien va donc mettre toutes ses chances de son coté afin de rendre l’annonce la plus alléchante possible. L’EAM peut aussi aider à mieux comprendre qu’un message médiatique est une représentation de la réalité et non le simple reflet de la réalité. Ces annonces sont des constructions faites généralement pour plaire, qui s’adresse à tel ou tel public. Ici, ces fausses annonces attirent un public large, qui serait tenté de donner de l’argent avant même de le visiter pour ne pas « louper sa chance ». C’est en se demandant à qui le message médiatique/ l’annonce s’adresse, pourquoi et comment il est reçu que l’on prend conscience que les propriétaires cherchent la plupart du temps à attirer le maximum de public afin d’assurer la rentabilité de leur biens. C’est pour cela qu’il est très important d’aller visiter sur place le bien décrit dans l’annonce avant même de faire quoi que se soit.

Situations particulières recensées durant mon stage dites « positives »

1° situation:

Certains bénéficiaires de la Maison de la Mère et de l’Enfant ont participé à un projet photo organisé par la commune de Jette. Ce projet a pour thème  « la Famille ». Les mamans ont été prises en photo avec leurs enfants respectifs, chacune leur tour, dans le but de montrer que la structure familiale peut être très différente du fameux cliché d’un papa, une maman, et leurs enfants. Ce projet touche la culture, les origines, la différence, la monoparentalité… Les bénéficiaires ont donc contribué à un fort message médiatique. Dans ce projet, les mamans ont fait de leur faiblesse une force, elles se sont senties fières de leur famille, ce qui a amélioré leur estime d’elle-même. J’estime que c’est en créant le média qu’on ne le subit pas, ici, elles sont devenues des actrices principales. Comme les objectifs de l’éducation aux médias, elles ont contribué au développement d’une société démocratique, solidaire, pluraliste et ouverte aux autres cultures et différences en luttant contre toute forme de discrimination.

Pour aller plus loin dans la réalisation du projet, l’EAM pourrait apporter un plus. Imaginons que ce projet soit réalisé entièrement par les mamans, se serait donc les productrices du message médiatique. Elles se répartiraient les tâches afin d’avancer dans le processus de fabrication et seraient maîtres de leur propres objectifs et intentions. Elles auraient donc l’opportunité de choisir elles-même ce qu’elles veulent montrer. J’estime que « c’est en faisant que l’on apprend » ou disons que cela à plus d’impact, je fais donc l’hypothèse que grâce à ce projet, elles pourront par la suite avoir une plus grande autonomie critique face aux différents messages médiatiques qui les entourent puisqu’elles ont elles même travaillé sur les grands axes de développement de l’éducation aux médias de Jacques Piette, professeur département des lettres et communication à l’université de Sherbrooke qui sont :les producteurs, les langages, les représentations, le type de message, les publics, les technologies et l’esthétique.

2°situation:

Durant mon stage, une maman avait des difficultés pour faire prendre le bain de son enfant de 2 ans et demi. Celui ci refusait ou faisait de grosses crises pour ne pas prendre de douche. Je suis donc intervenue pour accompagner la maman dans ce moment difficile. A l’aide du livre « Comment bien laver son mammouth laineux » de Michelle Robinson et Kate Hindley, édition Milan , l’enfant s’est prêté au jeu et a suivi les étapes de la petite fille du livre qui doit doucher son mammouth. Ce média renvoi un message qui interprète la réalité sous forme d’histoire. C’est en favorisant l’imagination de l’enfant que ce livre donne envie de mettre en pratique tous ces conseils donnés sous forme de guide en dix étapes .

Le fais l’hypothèse que l’EAM pourrait aider la maman à trouver d’autres moyens médiatiques qui l’accompagneraient dans sa vie avec son enfant. Avant d’éduquer PAR les médias, il est important d’être éduqué AUX médias. C’est à dire qu’il faut savoir utiliser les médias à bon escient et savoir quels médias peuvent être utiles afin de retirer les meilleures conséquences de ses influences. En effet, comme l’explique Jacques Piette, la maman doit se demander quelles représentations de la réalité sont proposées et pourquoi. L’enfant doit tout de même savoir distinguer le réel de l’imaginaire. Pour cela, il faut savoir qui produit le message médiatique, quelles intentions et pour quel public.

Afin que la maman sache utiliser les médias comme un outil pédagogique pour son enfant, il faudra qu’elle s’interroge sur les modes de réception des messages des différents médias et cherche à comprendre la nature de leurs impacts. Grâce à l’éducation aux médias, elle identifiera mieux ce qui est bon ou pas pour son enfant (et pour elle), cela accentuera son esprit critique face aux valeurs que véhiculent les médias.

PISTES D’INTERVENTIONS

C’est dans cet article que je vais vous proposer des pistes d’interventions face à la première situation dite « positive » décrite dans la page « Problématique ». Pour rappel, durant mon stage, des mamans ont eu l’occasion de se faire prendre en photo avec leurs enfants pour montrer la diversité des structures familiales. Elles ont donc contribué à la création du média et au développement d’une société démocratique, solidaire, pluraliste et ouverte aux autres cultures et différences en luttant contre toute forme de discrimination. Je vais donc vous expliquer plus en détail l’intervention ce que je proposerais aux mères de la Maison de la Mère et de l’Enfant afin d’ aller plus loin dans l’éducation aux médias en s’inspirant de ce qu’elles ont déjà vécu lors de l’activité photo à la commune de Jette.

Créer un journal photo à l’aide des grands axes d’éducation aux médias de Jacques Piette:

1-Qui produit les messages et pourquoi ?

Les mamans seraient les productrices. Comme le souligne Jacques Piette, ceux qui produisent des messages ont des intentions et des objectifs bien précis. Ici, j’ai remarqué que les mères ressentent le besoin de reconnaissance, de respect et de considération en tant que femmes, mères et sans le père de leur enfant. On pourra donc chercher ensemble ce qu’elles veulent montrer le plus et quel message ont-elle à faire passer. Par exemple le thème pourrait être la monoparentalité. Elles le choisiraient ensemble et formeraient des équipes de travail pour tout le processus de fabrication. Durant la fabrication du journal, les mamans pourraient se rendre compte qu’il y a un nombre important de traditions, conventions et codes qui influe la manière dont leurs lecteurs recevrons leur message médiatique.

2- Quel langages utilise t-on?

L’idée du journal photo serait proposée mais rien n’est définitif, elles pourraient changer de support si elles pensent que leur message serait mieux véhiculer par un autre. En effet, de multiples langages peuvent être utiliser pour ce projet (photo, dessin, image, écrit…), ce qui aura encore une fois une forte influence dans le message. Les photos devrons donc être réfléchies et préparées si elles veulent montrer quelque chose de précis. Des photos non préparées peuvent aussi être intéressantes, tout dépend de la façon dont elles veulent véhiculer un message.

3-Quelles représentations de la réalité sont proposées et pourquoi?

Dans leur journal, les mamans devrons représenter au plus possible la réalité sur ce qu’elles ressentent ou vivent. Si le sujet est la monoparentalité, l’idée du travail n’est pas d’idéaliser la maman seule mais de la comprendre, se mettre à sa place, sans jugement. Elles comprendront vite la difficulté à rendre le média le plus transparent possible car elles auront toujours un point de vue, des valeurs, des conceptions spécifiques à propos du sujet du message.

J’ai donc relevé ci-dessus les principales dimensions de Jacques Piette que j’estime les plus utiles à travailler dans ce projet (les producteurs, les langages et les représentations) même si les autres seront évidemment abordées ( les types de message, le public, les technologies et l’esthétique) car j’estime que pour une bonne éducation aux médias, l’une ne va pas sans l’autre . Après avoir fait cela, elles pourront élargir leur esprit critique car elles auront prit conscience de toutes les démarches à faire pour créer un message médiatique et auront une meilleure acquisition du principe de non transparence, en effet il est impossible (ou très difficile) d’être à 100% objectif. Elles arriveront mieux à prendre du recul entre ce qu’elles voient/lisent/entendent car tout est relatif au point de vue du producteur.

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